Le stock de maquereau qui fréquente le golfe du Saint-Laurent se trouve toujours dans un état critique, mais a repris du poil de la bête.
Après avoir atteint un creux en 2021, la biomasse reproductrice du contingent nord a doublé dans les trois dernières années. La biologiste en évaluation de stock de Pêches et Océans Canada, Caroline Lehoux, interprète ces données avec prudence, mais considère qu’il s’agit « d’un bon signe » pour l’espèce. Dans tous les cas, le maquereau a encore du chemin à faire pour remonter la pente, selon elle.
Selon Caroline Lehoux, la faible biomasse du stock reproducteur limite le potentiel de rétablissement de l’espèce.
La plus récente évaluation du contingent nord, présentée lors du comité consultatif du maquereau de l’Atlantique le 3 juin dernier, signale que le recrutement est encore au ralenti. La dernière grande cohorte remonte à 2015.
Selon la biologiste, la différence entre les structures d’âge du contingent dans la zone saine et la zone critique est parlante. Avant 2010, un maquereau sur dix était âgé de plus de 7 ans, tandis que 20 % du lot étaient âgés d’entre 4 à 6 ans. Actuellement, le portrait est de neuf poissons sur dix qui ont entre 1 et 3 ans. indique-t-elle.
Rappelons qu’au Canada, la pêche commerciale au maquereau atlantique est sous moratoire depuis 2022. Seules les activités récréatives et les captures pour appâts à usage personnel – pour les homardiers et crabiers qui veulent «böetter» leurs cages » – sont permises, ainsi qu’une certaine portion de prises accessoires.
Les biologistes estiment que le stock pourrait se reconstituer dès 2028 si on mettait fin à toutes les activités de pêche en Atlantique. Ce scénario n’est toutefois pas réaliste, indique Caroline Lehoux.






