La mairesse de Percé, Cathy Poirier, répond à un article de Pierre Bernier

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Un article du Journal de Montréal paru dimanche, prévoyant la fermeture de 11 villes et villages en Gaspésie d’ici 2025, fait sursauter la mairesse de Percé.

Le président de la firme de consultants Groupe Ambition, Pierre Bernier, se base sur l’Indice de vitalité économique 2016 dévoilé par l’Institut de la statistique du Québec.

Ce dernier prédit la fermeture de quelque 200 municipalités de la province, y compris Percé. Dans un paragraphe du texte, il dit, et je cite : « le problème au Québec, c’est qu’on a un grand territoire et on n’a pas l’argent pour supporter artificiellement les communautés qui ne contribuent pas au développement économique »:

La réaction de la mairesse de Percé, Cathy Poirier :

 

Parmi les villages cités dans le texte qui laisse présager des fermetures figurent également Cloridorme, Grande-Vallée, Petite-Vallée et Murdochville.

À la lecture de cet article, Cathy Poirier est d’avis que cette analyse ne tient pas compte des initiatives déjà entreprises dans les dernières années afin d’atténuer la tendance :

 

Selon Pierre Bernier, il est trop tard pour éviter des fermetures. Cathy Poirier affirme que la Gaspésie, comme plusieurs milieux ruraux au Québec, devra s’adapter aux nouvelles réalités démographiques :

16 COMMENTAIRES

  1. Même constat à St-Fabien-de-Panet, colère. La municipalité, les élus, les citoyens, tout le milieu au complet se mobilisent, nos maisons sont occupées à presque 100%, nous avons de jeunes familles qui viennent s’installer ici pour la qualité de vie et la multitude de services que nous avons pour une municipalité de moins de 1000 habitants. Nous avons des soins de santé rapides et disponibles, une pharmacie, une épicerie, un dépanneur, un poste à essence, une fleuriste, un magasin de vêtements,un bar laitier, au moins 3 garages, 2 restaurants, des attraits touristiques qui nous démarquent, une salle de spectacle fraîchement rénovée, une école pleine à craquer, des fermes, des travailleurs d’usine qui habitent ici plutôt qu’à Montmagny pour la qualité de vie, de futurs immigrants, une bibliothèque qui dépasse plusieurs standards du Réseau Biblio, des bénévoles impliqués dans une multitude de comités : Fabrique, Fermières, cuisine collective, MADA, catéchisme, biblio, loisirs, développement économique… et j’en passe. St-Fabien-de-Panet, c’est la belle vie, services compris. J’invite personnellement M. Bernier du groupe Ambition et Mme Diane Tremblay du Journal de Montréal, en tant que pro-maire de St-Fabien, à venir constater sur place, ici-même, oh oui ! En dehors du sacro-saint cercle de Montréal, que nous sommes peut-être petits certes , mais vigoureux et dynamiques et que l’on peut bien faire dire tout ce qu’on veut aux chiffres. Sans les régions ressources du Québec, je voudrais bien voir les grandes villes. Les propos tenus dans l’article du Journal de Montréal de samedi dernier , en plus d’être alarmistes sans fondement si ce n’est que des projections de recensement , ne font que miner la confiance des gens envers les régions, les accusant à tort de vouloir vivre au crochet des villes. St-Fabien augmente en population , lentement oui, mais augmente tout de même. La population de St-Fabien est vieillissante oui, nous avons un CHSLD qui accueille les gens de partout puisqu’ils n’ont pas de place ailleurs bien souvent. Ici, nos personnes âgées , nous nous en occupons et nous nous assurons de leur bien-être autant que nos petits avec tous les efforts mis en place en loisirs, en prime éducation, en accompagnement des familles avec l’aide de différents organismes. La force vitale de notre milieu ce sont nos gens et cessez M. Bernier de les importuner avec des chiffres qui ne veulent rien dire.

    • Bonsoir,
      C’est plaisant de vous lire et votre milieu est fort dynamique et certes attirant selon vos propos. Vous avez un avantage sur nous et c’en est un de proximité, proximité des grands centres. Je vous souhaite tout le bonheur que vous méritez.
      Gaston Langlais – Gaspé.

    • Exactement. Il est en poste commandé. Il n’a que l’ambition de faire parler de lui et de sa firme. De la désinformation purement et simplement.

  2. Je soupçonne les gouvernements actuels d’être complices de la publication de tels articles afin de préparer les populations des régions à une arrivée éventuelle et massive d’immigrants dans nos communautés…

    Quelle meilleure façon que de brandir une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes, espérant ainsi nous faire peur avec une fermeture possible de nos communautés?

    N’oublions pas que Justin Trudeau veut attirer 350 000 immigrants de plus par année…

    N’oublions pas non plus que François Legault veut augmenter les seuils d’immigration au Québec dès l’an prochain, les faisant passer à 50 000…. pour les augmenter ensuite jusqu’à 52 000 en 2022, soit un seuil plus élevé que celui du PLQ lorsqu’il était au pouvoir!

    Considérant le fardeau fiscal que représentaient les immigrants au Canada en 2013 était de 20 milliards…

    Considérant que le fardeau fiscal des immigrants au Québec se chiffre à environ 4 milliards…

    Considérant les coûts associés à l’accueil d’immigrants illégaux et considérant les dizaines de milliards donnés généreusement par nos gouvernements actuels à des pays étrangers…………

    J’en viens à la conclusion que ces sommes faramineuses pourraient mieux nous servir en instaurant des mesures incitatives où nos jeunes couples seraient en mesure de procréer davantage, haussant ainsi le taux de natalité de notre peuple et diminuant également le besoin de faire venir des étrangers qui nous coûtent beaucoup plus cher qu’ils ne rapportent…..

    Mon humble opinion…

  3. Bonjour,
    Dès la fin de 1999, l’Action des Patriotes Gaspésien(ne)s dénonçait les politiques gouvernementales désastreuses établies dans les années 1965/1970. Bénévolement, pendant 10 ans, sur toutes les tribunes incluant une présence aux Nations Unies à Genève, l’Action des Patriotes Gaspésien(ne)s avançait également ses chiffres d’une démographie en baisse alarmante. La plupart des élus locaux n’y croyaient aucunement se contentant de mauvaises critiques à l’endroit de la dérangeante Action des Patriotes Gaspésien(ne)s. Leurs tables de « confusion » (appelées pompeusement des tables de concertation) chapeautées par la CRÉ qui gaspillait allègrement nos taxes et nos impôts ne brassaient que de creux concepts. La situation actuelle ne présente donc aucune surprise.
    Gaston Langlais – Gaspé.

  4. Bonjourk à nouveau,
    La situation actuelle en région est voulue. Elle est le fruit de décisions gouvernementales basées sur le fameux rapport HMR (Higgins, Martin et Raynauld) du début des années 1970. Nos élus locaux pour la plupart ne founissent pas les efforts requis. Trop parmi eux parviennent encore à s’aplatir devant les politiciens de niveau supérieur et des hauts fonctionnaires. Après l’heureuse abolition de la CRÉ (Conférence Régionale des Élus), nos élus locaux « désorientés » désiraient encore obtenir des fonds pour pouvoir se parler, recréer en somme leurs fameuses tables de « confusion » si inutiles. Ils osaient appeller cela des tables de concertation et cela a duré des décennies.
    Gaston Langlais – Gaspé.

  5. Bonsoir,
    L’importance de cet article et mon travail comme porte parole de l’Action des Patriotes Gaspésien(ne)s pendant 10 ans m’obligent d’intervenir au besoin. Le Conseil du Patronat du Québec (CPQ) semble changer son fusil d’épaule, lui qui avait même soutenu en Commission parlementaire que le Gouvernement devait financer la fermeture de la Gaspésie. D’ailleurs, M. Yves-Thomas Dorval après avoir accepté une invitation à un dîner de la Chambre de Commerce de Gaspé s’est désisté par peur d’affronter ceux qui l’attendaient. M. Jacques Demers quant à lui veut prendre la défence de ses amis municipaux qui ne voient qu’un petit problème passager.
    Gaston Langlais – Gaspé.

  6. Je suis entièrement en accord avec vous . Les efforts des dernieres années n’ont pas été soulignés. Par contre , le négativisme d’un tel article a des effets négatifs , autant sur la population gaspésienne que sur le reste du quebec. Une riposte de votre part dans le même journal , avec la photo du rocher serait une belle riposte. Cest quasiment de la diffamation d’utiliser la photo du rocher et le nom des municipalités dans un tel contexte.

  7. Bonjour,
    Nous sommes sur-administrés et les élus municipaux ne sont plus des bénévoles comme autrefois. Nous n’avons plus les moyens de les entretenir. Si la Ville de New-York avec presque le double de la population du Quebec avait le même nombre d’élus municipaux que nous au Québec, ils devraient se réunir dans un stade de baseball car ils dépasseraient le nombre imposant de 20 000 personnes élues. Ça commence à faire trop de monde autour du plat.
    Gaston Langlais – Gaspé.

  8. Heya just wanted to give you a quick heads up and let you know a few
    of the images aren’t loading correctly. I’m not sure why but I think its a linking issue.
    I’ve tried it in two different internet browsers and both show the same results.

  9. Je n’ai pas le temps de lire le rapport de Pierre Bernier. Avec excuse et sous toutes réserves. Cependant, la simple imagination de propositions aussi radicales «consuisant à la violence» dans l’histoire récente du Québec me fait vivement réagir…

    Je pense que la perspective du démographe, notamment par une réclame absolue pour l’attractivité et le veillissement démographique, manque de mesure.

    D’abord, on ne peut réduire le développement d’une région à un solde, ou à l’«attractivité» et marginaliser son développement endogène, celui qui prend naissance localement, de la complémentarité et de l’utilité des initiatives.

    Deuxièmement, l’apport externe de monnaie – de la pure permission de produire ou de commander certains équipements peut être nécessaire; surtout quand on considère que les Régions produisent des richesses tangibles – plus ou moins finies – et que les Villes produisent beaucoup de monnaie.

    Cette dichotomie entre économie réelle et «économie» de papier, fondée sur l’utilité sociale et fondamentale du travail, devrait être au centre de l’analyse de la firme de consultants. Bien qu’elle ne relève pas de la démographie mais de l’économie politique, cette perspective conduit à reconnaître que la richesse est d’abord produite sinon conservée; outre son adéquation biologique (telle que manger la nourriture), elle trouve son utilité dans la façon d’être ensemble, toujours locale et hautement culturelle.

    Ainsi, à l’instar de l’antrhopologue de l’économie David Graeber, (Shit Jobs, Bullshit Jobs) on devrait reconnaître que la fin utile d’une part majeure du travail urbain consiste à justifier sa propre existence par l’entretien de convention et de processus bureaucratiques.

    Et à titre premier avouer ces «emplois» sans travail, tels que l’administration des conventions donnant lieu au rendement financier. Lesquels, facticement supérieurs aux rendements industriels ou issues de l’économie réelle, industrielle ou agricole, commandent l’apport de richesse et parasitent les personnes tenant la base agro-industrielle en place… Quand ces rendements financiers ne commandent pas simplement le travail d’esclaves des pays pauvres, tenus en joue par les armées occidentales visant à rehausser la valeur du dollar – en obligeant son usage exclusif pour l’achat de pétrole, notamment.

    Je me demande si M. Bernier s’est intéressé à l’utilité sociale du travail et au solde des ressources, denrées et biens manufacturés qui constituent l’apport des régions aux «villes centre», désindustrialisées. Confondre le dynamisme – notamment la circulation de la monnaie – et viabilité ou enrichissement est une grave erreur, notamment lorsqu’elle conduit à postuler le droit des personnes d’occuper un territoire et d’y subsister par des liens serrés, courts dirons-nous.

    Par ailleurs, il faut reconnaître que si les «Régions» bénéficent d’investissements extérieurs ou gouvernementaux, masser les populations dans les villes, où l’économie «post-industrielle» produit l’inutilité de personnes en masse, nécessite des investissements considérables. Par exemple, l’auteur aurait-il pensé mettre en cause les centaines de millions rendus nécessaire pour divertir ces masses par des festivals, amphithéâtres ou soutenir «l’industrie»du jeu vidéo, en dévoyant le noble terme ? De même, le coût nécessaire à policer, au bénéfice des Sociétés de développement commercial, le désoeuvrement copieusement entretenu des populations, 700M$ pour le SPVM et probablement autant pour la SQ et son service de Renseignement à Montréal?

    Mais en outre, tout investissement industriel n’est pas égal; il n’en est pas question dans une perspective démographique. Dépenser ici 500M$ pour une mine de diamants aux monts Otish, les diamants servant très majoritairement à l’apparat des riches avant l’abrasion aux procédés industriel, n’a pas la même valeur qu’une telle dotation en systèmes énergétiques, agricoles ou de confection. De façon similaire, dépenser une somme comparable pour produire du béton et l’exporter n’a pas l’effet de constitution d’un écosystème industriel et agricole complexe qui caractérise le développement endogène, ou le contrôle des «déterminants de la santé» des populations.

    Quand la classe dominante des villes, à l’aide de chartes bancaires (du pouvoir de création monétaire) «investit» ou commande en Région sans égard à l’intégrité de ses processus de subsistance ou endogènes, on assure le manque d’«attrait», c’est-à-dire de sens ou d’occasion liantes au sein des milieux locaux. On note la même chose en ville d’ailleurs, où le tourisme est réduit à des circuits de grandes marques de commerce aux carrefours autoroutiers (Devimco), au lieu de soutenir la curiosité pour la singularité des processus qui constituent le local, endogènes.

    Troisièmement, pour lier économie et conséquences démographiques, il semble curieux que son analyse du coût de prestation des services ne l’ait pas conduit à revoir les conditions et les coûts des déplacements.

    Par exemple, la rivière des Prairies à Montréal-Laval supporte la plus grande concentration de personnes âgées au Québec. Perchés dans ces mourroirs, les personnes âgées s’y déplacent pourtant aisément à pied, rendant la concentration profitable pour les cliniques.

    En effet, la conduite automobile est chère et physiquement contraire au vieillissement (autant qu’à l’entretien d’une famille vu son coût, et à la compétence géographique des jeunes, soutiendrait l’auteur). Elle est aussi adverse à l’économie du Québec : nous importons annuellement pour 26G$ de carburants et de véhicules que nous ne produisons pas ici. Premier facteur de notre déficit commercial, l’automobile nous appauvrit dramatiquement et pourtant, reste nécessaire au coeur des régions dévitalisées.

    Le «regroupement des services» devrait-il être pensé sous l’angle de systèmes de transport moins coûteux et plus conviviale tant aux enfants qu’aux personnes âgées.

    Ainsi la dépendance à l’automobile des milieux pourtant constitués – dans des conditions beaucoup plus précaires qu’aujourd’hui – sur la mer, puis le train, avec l’aide du cheval (au sens de véhicule léger localement alimenté) doit-elle être mise en cause. Du moins, avant celle des les liens forts, et multi-dimensionnels qui lient une population et son territoire. De ce point de vue, la «dévitalisation» du territoire régionale est bien le fait de sa mainmise par un haut instrument du commerce – d’une industrie de guerre – qu’est l’industrie automobile, davantage que d’un manque d’initiative endogène, fut-elle de vitalité corporelle ou de goût de faire, pour paraphraser la vigueur de Vignault.

    Aussi, je comprendrais que l’on veuille conférer, pour des raisons administratives, la vitalité des personnes vivant en ville à celle vivant en campagne. L’administration des populations suaves est plus facile.

    On notera au passage que la confusion entre circulation (le prélèvement) et le développement (la justification d’une attache au territoire) peut être flagrante : les démographes furent mis à contribution par le Ministère des Transports du Québec dans les années 1960, pour justifier la construction du réseau autoroutier montréalais. Celui-ci fut conçu et réalisé pour assurer le déplacement de 7 millions de personnes, population que les démographes prévoyaient pour Montréal à maturité du réseau «supérieur». Comme quoi les surplus peuvent être rapidement absorbés, et dégagés.

    L’exemple du Réseau Autoroutier Supérieur qui assujettit les Région aux villes et à leurs classes financières s’exprime donc aussi physiquement. Outre sa balance commerciale qui dévaste, sa durabilité matérielle et climatique est si piètre qu’on ne saurait, à moins de planifier la ruine d’une économie territoriale pour des raisons administratives, remplacer le lien de subsistance endogène d’une population par son lien multidimensionnel à son milieu par la circulation et le rattachement d’un sous-centre à un centre plus lourd, et ainsi de suite… Remplacer l’autodétermination et la collaboration d’établissements décentralisés par leur mise en dépendance hiérarchique.

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