Inquiétude face au changement du mode de scrutin

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Photo : Archives

Jeudi à l’émission O’Leary vous informe, l’ancien dépué de Gaspé, Gaétan Lelièvre, s’inquiète pour l’avenir des régions avec les changements proposés pour un nouveau mode de scrutin au Québec.

Entrevue avec Gaétan Lelièvre:

 

3 COMMENTAIRES

  1. Bonjour,
    Je ne suis définitivement pas d’accord avec l’avis de M. Lelièvre. Je tiens donc à offrir des contre-arguments.
    Premièrement, concernant les deux classes de députés, dans le rapport Massicotte (commandé par le gouvernement du Québec et publié en 2004), Louis Massicotte a écrit ceci (page 61): « Pour certains, les députés de liste deviendront une caste privilégiée. […] D’autres prédisent exactement le contraire: les députés de circonscription seront perçus comme les seuls  »vrais » députés […] Qu’en est-il en réalité? […] À en juger par l’expérience des pays ayant un système mixte compensatoire, […] il n’y a pratiquement aucune différence, une fois élu, dans le statut ou dans le comportement des candidats de circonscription et des candidats de liste. »
    Deuxièmement, M. Lelièvre affirme que les députés de liste seraient uniquement redevables au chef du parti et non aux électeurs, car, selon lui, c’est uniquement le chef du parti qui choisirait les candidats figurant sur les listes. 1) Je tiens à faire remarquer que tous les élus de la CAQ (donc du gouvernement actuel) n’ont été choisis que par une seule personne: François Legault, le chef. Ironique, non? 2) En Nouvelle-Zélande, où la population a choisi dans les années 1990 un mode de scrutin proportionnel mixte compensatoire, les listes doivent être établies d’une manière démocratique. Sinon, la liste en question est déclaré invalide par la Cour. On pourrait le faire ici aussi.
    Troisièmement, je suis étonné que vous n’ayez pas mentionné que le mode de scrutin actuel ne respecte pas la volonté populaire des régions en créant des distorsions énormes dans les régions. Par exemple, dans la région de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, en 2014, le PQ a récolté 49 % des voix, le PLQ, 38 %, la CAQ, 5 % et QS, 6 %. Pourtant, 100 % des sièges sont allés au PQ!

  2. Les propos tenus par M. Lelièvre sont trompeurs:
    – D’abords le nombre de députés n’a pas été fixé par les partis en accord sur la proportionnelle, ce qui fait qu’il pourrait y avoir plus de 125 députés.
    – Une même région aura donc au moins autant, sinon plus de députés et une sous-région aura nécessairement plus de députés qu’actuellement. Absolument rien n’oblige d’ailleurs un député sous-régional de représenter les intérêts particulier d’un groupe plus ciblé de citoyens, comme à Rimouski, ce qui créé une atmosphère saine d’opposition politique, où chacun peut trouver sa voix, pas seulement ceux qui ont gagné la loterie électorale. C’est d’ailleurs ce que l’on observe dans les pays qui adoptent la proportionnelle: des territoires oubliés apparaissent soudainement sur la carte politique.
    – Dans certaines élections, comme la dernière, la plupart des gens n’ont pas voté pour un député qui a été élu: leur élu est il vraiment plus redevable que s’ils avaient élu un député qui représente les intérêts auxquels ils s’attachent?
    – Comme dit précédemment, selon les travaux du Professeur Massicotte, dans les pays qui ont adopté la proportionnelle, même ceux avec de larges étendus territoriaux, il n’est pas vrai qu’il se forme une catégorie de députés non-redevables, alors pourquoi soudainement une telle chose se produirait hypothétiquement ici?

  3. Pourtant, il y a un groupe qui s’appelle Solidarité Gaspésie qui appuie la réforme. Est-ce que ses membres méconnaissent les régions aussi?

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